À retenir
- La licence III autorise les boissons titrant 18 degrés ou moins, indépendamment du fonds de commerce.
- Le transfert d'une licence III doit être autorisé par le préfet après consultation des maires et reste limité au département d'origine ou à un département limitrophe.
- Une licence non exploitée pendant cinq ans est annulée automatiquement.
- Un changement de titulaire ou un transfert exige une déclaration préalable en mairie.
- Le blocage de huit ans s'applique après un transfert vers un département limitrophe.
Qu'autorise une licence III ?
La licence III autorise l'exploitation de boissons titrant 18 degrés ou moins. Elle s'achète et se vend comme un bien indépendant, séparé du fonds de commerce. La licence confère le droit d'exploiter les catégories de boissons qu'elle couvre ; elle n'inclut pas le droit au bail, le mobilier, la clientèle ni aucun actif du commerce.
Lorsqu'une entreprise ferme ou change d'activité, la licence III peut être cédée à un nouvel exploitant, même si le fonds de commerce disparaît ou change de main. Cette séparation entre la licence et le fonds est un point central : l'une se transmet avec une autorisation administrative, l'autre selon le droit commercial ordinaire.
Comment se transfère une licence III ?
Le transfert d'une licence III est encadré par la loi. Trois règles majeures s'appliquent.
D'abord, le domaine : la licence reste dans le département où elle a été délivrée, ou peut être transférée vers un département limitrophe sur dérogation.
Ensuite, l'autorisation : le transfert exige une autorisation du représentant de l'État après consultation des maires concernés. Cette étape est obligatoire et précède tout changement d'exploitant.
Enfin, le blocage de huit ans : si une licence est transférée vers un département limitrophe, elle ne pourra être transférée de nouveau avant le délai de huit ans. Cette règle s'applique strictement pour encadrer la mobilité des licences entre départements limitrophes.
Que doit faire le vendeur ?
Le vendeur doit être conscient de deux risques principaux.
Le premier concerne la péremption. Une licence III non exploitée pendant cinq ans consécutifs est annulée automatiquement. Si la licence a été inactive (exploitant sans activité réelle, suspension prolongée, fermeture), le délai de cinq ans commence à courir. Passé ce délai, la licence n'existe plus et ne peut pas être vendue.
Le second relève de la déclaration. Tout changement de titulaire ou tout transfert doit être signalé à la mairie au moins quinze jours avant le changement, selon le formulaire officiel. Cette démarche n'est pas optionnelle et engage la responsabilité du vendeur comme de l'acheteur.
Au-delà de ces points, le vendeur doit s'assurer que la licence est bien inscrite à son nom et n'est pas grevée de restrictions administratives qui empêcheraient sa cession.
Qui peut acquérir une licence III ?
L'acquéreur d'une licence III est presque toujours un exploitant situé dans le même département ou dans un département limitrophe. La loi interdit le transfert au-delà de cette zone, sauf autorisation du préfet pour un département limitrophe.
L'acquéreur doit disposer d'un permis d'exploitation valide. Ce permis est délivré après une formation ; il reste valable dix ans et doit être renouvelé selon les exigences légales.
Le futur exploitant doit aussi vérifier que la commune où sera exploitée la licence n'a pas atteint son quota légal. Chaque commune dispose d'une proportion maximale de débits autorisés : un pour 450 habitants, ou davantage dans les zones touristiques selon le nombre de touristes hébergés. Cette vérification relève de la préfecture et du maire, non du vendeur ni de l'acheteur, mais elle conditionne l'autorisation finale du transfert.
Quel est le rôle de la préfecture et de la mairie ?
La préfecture est l'autorité qui autorise ou refuse le transfert. Elle intervient après avoir consulté les maires des communes concernées (celle de l'actuel exploitant et celle du nouvel exploitant si elle diffère). Cette consultation dure suffisamment longtemps pour examiner les conditions légales et les enjeux locaux. La décision préfectorale est souveraine sur l'admissibilité du transfert.
La mairie doit être informée par une déclaration préalable, formulaire Cerfa n° 11542, déposée au moins quinze jours avant l'arrivée du nouvel exploitant. Cette déclaration formalise le changement et permet à la commune de tenir à jour son fichier administratif.
Qu'en est-il après la cession ?
Une fois la licence transférée, le nouvel exploitant en devient responsable. Les obligations légales lui incombent : respect de la réglementation sur les boissons, application du permis d'exploitation.
L'ancien titulaire n'a plus aucune responsabilité légale sur la licence après le transfert officiel, à condition que la déclaration en mairie soit effectuée et que le préfet ait autorisé le changement.
Questions fréquentes
Puis-je vendre ma licence III si mon commerce a fermé ?
Oui, la licence III se vend indépendamment de l'activité. Toutefois, si le commerce a fermé depuis plus de cinq ans sans aucune exploitation, la licence est annulée et ne peut plus être vendue. Avant de fermer, assurez-vous de céder la licence à temps ou de la maintenir exploitée pour ne pas perdre ce droit.
Combien coûte le transfert ?
Le transfert lui-même (formalités préfectorales et mairie) est gratuit. Vous pouvez nous contacter pour connaître l'estimation de votre licence et discuter des conditions de rachat.
Le blocage de huit ans s'applique-t-il toujours ?
Non, seulement en cas de transfert vers un département limitrophe. Si la licence reste dans le même département, ce délai ne s'applique pas. Une fois la licence transférée, elle ne pourra être transférée de nouveau vers un autre département limitrophe avant huit ans.
Qui décide si ma commune a atteint son quota ?
La préfecture et la mairie. Elles examinent si la proportion d'un débit pour 450 habitants (ou plus en zone touristique) est respectée. Cette vérification est menée lors de l'examen du dossier de transfert.
Est-ce que le droit au bail se vend avec la licence ?
Non. La licence III confère le droit d'exploiter les boissons autorisées. Le droit au bail, le mobilier, les stocks et tout autre élément du fonds de commerce font l'objet de négociations séparées et ne relèvent pas de la licence elle-même.
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Sources
- La licence III autorise les boissons titrant 18 degrés ou moins ; la licence IV couvre les boissons de plus de 18 degrés (article L3331-1 du code de la santé publique). Service-public.fr — Entreprendre ↗
- Une licence non exploitée pendant cinq ans est annulée (articles L3333-1 à L3333-3 du code de la santé publique). Service-public.fr — Entreprendre ↗
- Le transfert s'opère dans le département ou, par dérogation, vers un département limitrophe ; il est autorisé par le représentant de l'État après consultation des maires, et un débit transféré vers un nouveau département ne peut être transféré de nouveau avant huit ans (article L3332-11, version en vigueur au 29 décembre 2019). Légifrance — article L3332-11 ↗
- La déclaration en mairie intervient au moins quinze jours avant l'ouverture ou le changement, au moyen du formulaire Cerfa n° 11542 (article L3332-3). À Paris, la déclaration est déposée auprès de la préfecture de police. Service-public.fr — Entreprendre ↗
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