Transfert refusé : que faire ?

Un transfert de licence IV peut être refusé si la commune d'arrivée n'a qu'un seul débit IV et le maire s'y oppose, ou si le lieu se trouve en zone protégée. Après refus, vous pouvez demander le transfert vers une autre commune du même département, ou acquérir une licence existante ailleurs.

Benoît Viennet

Benoît Viennet — dirigeant de Rachat Licences, 20 ans d’expérience

Publié le 21 septembre 2026 · Mis à jour le 21 septembre 2026

À retenir

  • Le refus dépend des avis des maires et du respect des zones protégées.
  • Si vous visez le dernier débit IV d'une commune, l'avis du maire doit être favorable.
  • Les zones protégées (stades, piscines, hôpitaux, établissements scolaires) interdisent toute installation.
  • Le transfert reste possible vers une autre commune du même département.
  • Seule l'acquisition d'une licence existante autorise l'exploitation : les créations sont interdites.

Pourquoi un transfert de licence IV est-il refusé ?

Le refus de transfert dépend de deux critères principaux : l'avis des autorités locales et la nature du lieu envisagé.

Seglon l'article L3332-11 du code de la santé publique, le transfert est soumis à l'autorisation du représentant de l'État (le préfet) après consultation obligatoire du maire de la commune de départ et du maire de la commune d'arrivée. La préfecture instruit votre demande, mais elle ne peut intervenir sans ces avis.

Le cas du dernier débit IV de la commune

Si la commune d'arrivée ne compte qu'un seul débit de licence IV, celui-ci ne peut être transféré que si le maire donne son avis favorable. Un avis défavorable constitue un motif légal de refus. Cette protection est prévue pour que chaque commune puisse préserver son seul établissement de cette catégorie.

Vous devez vérifier auprès du maire ou de la préfecture si votre commune d'accueil se trouve dans cette situation. Si c'est le cas et que le maire refuse, le transfert vers cette commune devient impossible.

L'interdiction des zones protégées

L'article L3335-1 du code de la santé publique interdit l'installation d'un débit de boissons alcooliques dans les zones protégées autour de certains lieux sensibles :

  • Stades, piscines, terrains de sport publics ou privés
  • Hôpitaux, cliniques, centres médicaux, centres de soins ou d'accueil en addictologie
  • Centres de loisirs ou d'hébergement collectif pour la jeunesse
  • Établissements d'enseignement (écoles, collèges, lycées, universités)

Les distances exactes varient selon le département et sont fixées par arrêté préfectoral. Si le lieu envisagé se situe dans l'une de ces zones, le transfert est automatiquement refusé. Vous pouvez consulter la préfecture pour connaître les périmètres de protection applicables à votre commune.

Quelles alternatives après un refus ?

Demander le transfert vers une autre commune du même département

Après un refus, vous pouvez envisager le transfert vers une autre commune du même département. Les conditions restent les mêmes : consultation des maires concernés et respect des zones protégées. Une commune différente peut ne pas présenter les mêmes obstacles.

Acquérir une licence existante ailleurs

La création de toute nouvelle licence IV étant interdite en France, la seule voie légale pour exploiter demeure l'acquisition d'une licence existante. Cela signifie :

  • Acheter une licence IV auprès de son propriétaire actuel ;
  • Louer une licence, ou l'obtenir avec option d'achat ;
  • Procéder au transfert de cette licence sous réserve d'autorisation préfectorale.

Cette approche vous permet de contourner un refus de création ou de transfert dans un lieu donné : vous cherchez une licence déjà implantée dans une localisation admissible.

Rôle de la préfecture et recours possibles

La préfecture ne fait que constater le refus sur la base des avis des maires et du respect de la loi. Elle n'a pas le pouvoir d'ignorer un avis défavorable du maire quand il est requis, ni de valider l'installation en zone protégée.

Vous pouvez demander à la préfecture les motifs précis du refus par écrit, afin de clarifier si l'obstacle est municipal, territorial ou lié à la zone. Cette clarification vous guidera vers la prochaine étape.

Questions fréquentes

Q. Le refus est-il définitif ? R. Non. Vous pouvez envisager le transfert vers une autre commune du même département, qui peut présenter une situation plus favorable. Vous pouvez aussi acquérir une licence existante déjà implantée dans une zone non protégée.

Q. Puis-je consulter les arrêtés préfectoraux fixant les zones protégées ? R. Oui. Les distances autour des établissements sensibles varient par département et sont publiées dans les arrêtés préfectoraux. Votre préfecture ou votre mairie peut vous les communiquer, ou les publier en ligne.

Q. Le fait que ce soit le dernier bar de la commune change-t-il les règles ? R. Oui. Si vous envisagez de transférer le dernier débit IV vers une autre commune, le maire de votre commune actuelle doit aussi être consulté. Mais l'obstacle se situe surtout si votre commune d'arrivée ne compte qu'un seul débit : là, c'est le maire d'arrivée qui détient un pouvoir de blocage.

Q. Combien de temps avant de pouvoir relancer une demande ? R. Aucun délai légal ne vous interdit de renouveler une demande après refus. Vous pouvez repostuler immédiatement auprès de la préfecture pour une autre commune, ou envisager une acquisition plutôt qu'un transfert de création.

Q. Dois-je solliciter directement la préfecture ou passer par la mairie ? R. Les deux. Vous déposez votre demande auprès de la préfecture, qui consulte les maires. Il est judicieux d'informer aussi la mairie de votre commune d'accueil des enjeux avant le dépôt officiel, pour clarifier les points de friction.

Passer à l'action

Face à un refus, plusieurs chemins restent ouverts : relocaliser vers une commune moins contrainte, ou bâtir un projet sur l'acquisition d'une licence existante. Nous vous aidons à évaluer chaque option, à vérifier la faisabilité administrative du lieu envisagé et à constituer un dossier robuste de transfert ou d'acquisition.

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