À retenir
- Un bar permanent installé avant la création d'une zone protégée échappe à l'interdiction.
- Les restaurants vendant l'alcool uniquement au cours des repas ne sont pas soumis aux interdictions.
- Le préfet peut accorder une dérogation après avis du maire, pour tourisme ou animation locale, si c'est l'unique débit alcoolisé de la commune.
- Hors ces trois cas, ouvrir un nouveau bar permanent en zone protégée est interdit.
Cas 1 : Un débit de boissons préexistant à la création de la zone
Si votre bar exploitait une licence III ou IV avant que sa zone devienne protégée, il échappe à l'interdiction d'implantation. Cette protection légale reconnaît les débits en place et ne les supprime pas rétroactivement. Vous devez avoir documenté cette exploitation effective, notamment lors d'un changement d'exploitant ou d'une mutation.
Cas 2 : Un restaurant vendant de l'alcool aux repas uniquement
Les restaurants qui vendent de l'alcool exclusivement au cours des repas ne sont pas soumis aux interdictions des zones protégées. Cette exemption s'applique sans condition supplémentaire : aucune dérogation préfectorale n'est nécessaire, à condition que l'alcool reste limité à l'accompagnement des repas. Dès que vous servez en dehors des repas (apéritif, digestif au bar, cocktails l'après-midi), vous sortez du cadre restaurant et l'interdiction s'applique.
Cas 3 : Une dérogation préfectorale pour tourisme ou animation locale
Le préfet peut autoriser l'ouverture d'un nouveau débit de boissons malgré les interdictions de zone protégée, sous trois conditions cumulatives :
- La commune ne doit posséder qu'un seul débit de boissons alcooliques existant. Cette condition limite la dérogation aux petites communes manquant de vie locale ou touristique.
- Le projet doit répondre à une raison touristique ou d'animation locale, reconnue d'intérêt public.
- L'avis du maire est obligatoire : le préfet ne statue qu'après consultation du représentant de la commune.
Cette dérogation est exceptionnelle et dépend entièrement de l'appréciation du préfet et de la situation locale. Elle ne peut pas être demandée d'emblée : vous exposez votre projet au préfet, qui examine si ces conditions sont réunies.
En dehors de ces trois exceptions : l'interdiction s'applique
Aucune nouvelle ouverture d'un bar permanent n'est légalement possible en zone protégée si vous ne correspondez à aucun de ces trois cas. L'interdiction s'applique à la fois aux licences III et IV. Les zones protégées incluent les périmètres autour des écoles, stades, piscines, hôpitaux, cliniques et autres établissements sensibles, fixés par arrêté préfectoral.
Comment vérifier si votre lieu est en zone protégée
La distance est calculée en ligne droite, en empruntant le plus court chemin depuis l'entrée principale de l'établissement protégé. Les arrêtés préfectoraux fixent ces périmètres. Avant de contractualiser l'achat ou la location d'une licence, il est indispensable de vérifier auprès de la préfecture du département et de la mairie que votre adresse n'entre pas dans une zone interdite.
Démarches obligatoires après ouverture autorisée
Si votre bar permanent est autorisé en zone protégée (par l'une de ces trois exceptions), vous restez soumis aux démarches communes :
- Déclaration en mairie : au minimum 15 jours avant l'ouverture, via le formulaire Cerfa n° 11542.
- Permis d'exploitation : obligatoire, obtenu par une formation minimale de 20 heures répartie sur 3 jours.
- Exploitation continue : le bar doit rester actif ; une fermeture de plus de 5 ans entraîne la suppression de la licence.
Questions fréquentes
Q. Mon bar a fermé il y a 3 ans en zone protégée. Puis-je le rouvrir ? A. Oui, si l'établissement était en activité avant la création de la zone protégée, il bénéficie de la dérogation de préexistence. Vous disposez encore de 2 ans avant la péremption automatique (5 ans d'inactivité). Déclarez la réouverture à la mairie au moins 15 jours avant.
Q. Mon restaurant sert du vin et des digestifs après les repas. Suis-je en zone protégée ? A. Non, tant que vous servez l'alcool exclusivement au cours des repas, vous n'êtes pas soumis à l'interdiction. Si vous commencez à servir des alcools en dehors des repas ou au bar, l'interdiction s'applique.
Q. Comment savoir si ma commune n'a qu'un seul débit pour demander une dérogation ? A. C'est la mairie et la préfecture qui vérifient ce critère. Contactez-les pour connaître le nombre exact de débits alcoolisés (licences III et IV) actuellement autorisés dans votre commune. Ce nombre peut changer au fil du temps.
Q. Peut-on contester le refus d'une dérogation préfectorale ? A. Le préfet dispose d'un pouvoir d'appréciation : le refus est son droit. Vous pouvez examiner avec la mairie si le projet peut être reformulé en mettant davantage l'accent sur l'intérêt touristique ou local, puis redemander.
Q. Où vérifier les périmètres des zones protégées ? A. La préfecture du département et la mairie disposent des arrêtés fixant les distances. Vous pouvez demander une vérification sur plan ou, pour les distances, les faire calculer avant d'engager l'achat ou la location d'une licence.
Passer à l'action
Si vous envisagez un bar permanent en zone protégée, commencez par vérifier auprès de la préfecture que votre adresse n'entre pas dans les périmètres interdits. Ensuite, exposez votre situation précise (bar préexistant, restaurant, ou projet nécessitant une dérogation) : nous étudierons la compatibilité avec la réglementation et vous accompagnerons dans les démarches administratives. Nous exposer votre situation nous permet de vérifier rapidement si une licence peut y être transférée ou louée.
Sources
- Un débit d'alcool permanent peut rester ouvert en zone protégée s'il était déjà installé lorsque la zone est devenue protégée ; les restaurants qui vendent de l'alcool uniquement au cours des repas ne sont pas soumis aux interdictions applicables en zones protégées ; le préfet peut autoriser l'ouverture d'un débit de boissons malgré les interdictions de zone protégée, après avis du maire, pour des raisons touristiques ou d'animation locale, si la commune ne possède qu'un seul débit de boissons alcooliques. Service-public.fr — Entreprendre, Licences de débits de boissons (vérifié le 27 novembre 2025) ↗
- La déclaration en mairie intervient au minimum 15 jours avant l'ouverture ou le changement d'exploitant, au moyen du formulaire Cerfa n° 11542. Service-public.fr — Entreprendre ↗
- Un débit de boissons alcooliques qui a cessé d'exister depuis plus de 5 ans est considéré comme supprimé de manière irréversible. Service-public.fr — Entreprendre, débit de boissons ↗
- Le permis d'exploitation s'obtient par une formation d'une durée minimale de 20 heures répartie sur au moins 3 jours et est valable 10 ans. Service-public.fr — Entreprendre ↗
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